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OFFRE DE THESE CIFRE en Ergonomie Cognitive - Technocentre Renault et Université de Bretagne Sud


Posté par : Corinne Grusenmeyer,
le 04 Juillet 2018



OFFRE DE THESE CIFRE en Ergonomie Cognitive
La reprise en main d’un véhicule autonome – Incidence du vécu et des capacités du conducteur.

L'automatisation s'est considérablement développée dans le domaine de l'automobile. De plus en plus de tâches de conduite peuvent être déléguées aux automates et plusieurs constructeurs annoncent leur intention de commercialiser des véhicules semi-autonomes d'ici 2022. Ces véhicules sont classifiés au niveau 3 et 4 par la SAE (Society of Automotive Engineers), au sein d'une taxonomie qui comprend 6 niveaux : du niveau 0 (conduite entièrement manuelle) au niveau 5 (le véhicule est conçu pour assurer seul l'ensemble des fonctions critiques de sécurité sur un trajet complet). Au niveau 3 et 4, les composants d'automatisation permettent au conducteur de céder le contrôle complet du véhicule et de toutes ses fonctions primaires, dans certaines conditions de circulation (principalement sur autoroute) et météorologiques. Le véhicule peut effectuer seul des dépassements, se rabattre, changer de direction alors que le conducteur peut se consacrer à d’autres activités
(lecture par exemple).

Cependant, le conducteur doit être également en mesure de reprendre le contrôle dans un temps acceptable sur demande du système. Différents bénéfices sont attendus des véhicules automatisés ; il s'agit de la réduction de la charge de travail et de la fatigue des conducteurs mais aussi de l'augmentation de la performance grâce à la réduction des erreurs de conduite (erreurs liées à la distraction notamment). Cependant, un certain nombre de questions relatives aux interactions Humain-Véhicule se posent également.
En ce qui concerne les véhicules de niveaux 3 et 4, elles concernent notamment les transitions entre mode automatisé et mode manuel. Le système peut en effet demander au conducteur d'intervenir dans un laps de temps relativement court, alors que celui-ci a besoin de plusieurs secondes pour entrer dans la boucle de contrôle. Plusieurs travaux de recherche ont mis en évidence les difficultés rencontrées par le conducteur pour
comprendre rapidement la situation et, par conséquent, un risque de décisions retardées ou inadaptées. L'étude réalisée par Merat, Jamson, Lai et Carsten (2012) montre, ainsi, que les participants qui réalisaient une tâche annexe ont une performance dégradée lorsqu'ils doivent reprendre le véhicule en main dans une situation incidentelle. Ces difficultés évoquent le syndrome bien connu de l'humain "en dehors de la boucle de contrôle".

Au-delà de ces résultats généraux, différents articles (Lorenz, Kerschbaum & Schumann, 2014 ; Radlmayr, Gold, Lorenz, Farid, & Bengler, 2014 ; Zeeb, Buchner & Schrauf, 2015) montrent que les actions de reprise en main peuvent être de nature et de qualité différentes, en fonction de variables contextuelles (densité du trafic, possibilités d'actions, IHM, type de la tâche secondaire) et de facteurs propres au conducteur lui-même (niveau
de distraction, comportement oculaire pendant la phase de conduite autonome).
L’objectif de la thèse sera d’analyser les facteurs propres au conducteur et leur incidence sur la reprise en main d’un véhicule autonome de niveau 3 et 4. Dans la lignée de recherches menées chez Renault ou dans les instituts comme Vedecom ou System X, le doctorant/la doctorante explorera notamment les ressources cognitives et émotionnelles mobilisées par les conducteurs pour faire face à ces situations inédites de reprise en main. Une partie de cette étude pourra être menée en situation de conduite réelle avec des véhicules expérimentaux.

Description des missions :
• Prise de connaissance des études existantes et des cadres théoriques (e.g. approche instrumentale).
• Réalisation des expérimentations avec un volet applicatif et un volet recherche.
• Recommandations pour l’évolution du système en cours de conception et pour les systèmes futurs.

Compétences requises :
• Ergonomie cognitive,
• Bon niveau en anglais (lu, parlé, écrit) (TOIC 800)
• Maîtrise des méthodes d’analyse de l’activité
• Maîtrise des techniques de recueil et d’analyse de données qualitatives (verbalisations) et quantitatives.

Encadrement : J.-F. Forzy et B. Vailleau (Technocentre Renault), Christine Chauvin (Université Bretagne Sud).

Contact : christine.chauvin@univ-ubs.fr

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